Hugoland - articles de blog

Mise en place d'un NAS - un serveur de fichiers à la maison

✎ Par Hugo
⌛ Le 09/09/2026 22:49
📌 Lieu :
📂 Catégorie : Développement
📎 Mots clés : NAS, HDD, serveur
⏱ Temps de lecture : environ 11 minutes

Quand j'ai décidé, il y a deux ans, d'investir dans une tour gaming fixe, j'ai transféré les jeux "lourds" depuis mon PC portable vers la tour, pour ne conserver dessus que les jeux légers tels que Zoo Tycoon 2 ou Minecraft. Et tout ce qui est bureautique (documents, photos, source du site internet, etc.), d'ailleurs, même si Minecraft peut devenir très lourd avec assez de mods, il reste un jeu qui nécessite beaucoup de bureautique autour, puisque je m'en sers principalement pour du JDR, ce qui nécessite mes documents sur le même ordinateur.
Mais le sujet n'est pas les jeux vidéo, mais plutôt le fait que depuis deux ans, j'utilise deux ordinateurs, qui ont tous les deux une mémoire SSD, ce qui est logique puisque les deux sont des PC de gaming, à la base. La technologie SSD est merveilleuse pour charger rapidement des jeux mais n'est pas faite pour du stockage mort (tel que les photos - ce que je veux dire c'est que même si c'est parfaitement valable de stocker des photos dessus sans causer de problèmes directs, il veut mieux utiliser cet espace pour des choses qui ont besoin de performances, et il ne semble pas bon de le remplir jusqu'à la limite, ce qui était mon cas). Sur le PC portable, mes deux SSD sont restés longtemps dans le rouge (plus de 90% remplis), ce qui semble avoir contribué à pas mal d'erreurs inhérentes aux SSD sur le plus ancien des deux.
Et de temps en temps, puisqu'en rentrant du travail je choisis quel ordinateur démarrer en fonction de ce que je prévois de faire, il arrive que je me dise à un moment « ah, dommage, ce fichier est sur l'autre » !

Cette entrée de blog concerne donc la création d'un serveur de partage de fichiers.

Au travail, le serveur de l'agence (où se trouvent nos fichiers de travail) est dans une baie de serveurs dans le bâtiment, et on y accède par une lettre de lecteur, comme n'importe quel disque connecté à l'ordinateur.
Non seulement c'est extrêmement pratique (c'est très performant, c'est natif (ouverture depuis l'explorateur Windows et non depuis un onglet du navigateur), ça se présente donc de l'exacte même manière que quand on parcourt les fichiers locaux de l'ordinateur, les chemins d'accès prennent la lettre de lecteur comme s'il s'agissait d'un disque dur, c'est transparent pour les logiciels qui ouvrent les fichiers) mais en plus c'est local et pas dans le cloud d'une autre entreprise, ce qui permet de garder la main sur les données. Tout l'inverse des Sharepoint par exemple.

Il y a quelques temps, je m'étais amusé à programmer en php une interface de partage de documents, qui tournait sur mon Raspberry Pi. Ça n'a qu'un seul de tous les avantages cités ci-dessus : le fait que ce soit sur place et pas externalisé dans un cloud.
Lent, pas natif, il faut un navigateur ou un client FTP, on doit télécharger avant de pouvoir ouvrir avec un logiciel, et surtout le stockage se faisait sur la microSD depuis laquelle boot le Pi. Si la SD, qui n'est pas faite pour ça, plante, c'est fini.

Enfin, alors que j'aurais pu acheter un serveur NAS (la machine), comme le recommandait mon oncle qui en a lui-même un, je voulais à la fois :
• une solution moins chère ;
• plus intéressante en bricolant un peu - par opposition à l'achat d'une machine prête ;
• faire tourner des trucs dessus.

Par ce dernier point, j'entends que mon Pi tournait déjà 24h/24 puisqu'il me sert de serveur pour mon récepteur ADS-B Flightradar24 ainsi que pour diverses bricoles dont notamment un script qui me permet de lancer un WoL (démarrer à distance l'ordinateur fixe, via SSH, pour pouvoir ensuite en prendre le contrôle à distance avec Windows depuis le PC portable).
Je me disais qu'il serait dommage d'avoir deux machines qui tournent 24h/24 (le Pi et le NAS) alors qu'un NAS a tout à fait la puissance de calcul de faire ce que fait le Pi. Mais comment être certain que la distribution et la configuration d'un NAS vendu tel quel permet d'installer des trucs et d'avoir un contrôle total de son système ?
Certains le permettent, comme le dit par exemple un article sur le site Korben[note 1], avec « une base Debian très peu verrouillée, avec un vrai SSH administrateur », si l'on cherche bien en comparant des modèles de NAS, mais autant faire avec ce que j'ai déjà, et quand ce Pi qui commence à être un peu ancien aura besoin d'être remplacé, il suffira d'en changer et de réinstaller les services dont j'ai besoin.

Alors le projet que j'avais en tête au début était d'acheter des disques durs et autant d'interfaces SATA (en gros un câble avec un embout pour disque dur et un embout USB à l'autre extrémité), puis de dessiner et imprimer en 3D une petite baie pour racker tout ça.
Puis j'ai trouvé un superbe boîtier à deux emplacements, équipé d'un ventilateur, et avec une carrosserie en aluminium, la Icy Box "IB-RD3720-CU3" puisqu'apparemment ils n'avaient pas de meilleur nom à donner à leur modèle. Il est également alimenté, c'est-à-dire qu'il y a un câble à brancher sur le secteur pour ne pas que ce soit au Pi de fournir le courant électrique.

Vraiment, en le déballant c'est assez qualitatif, robuste, on a un gros tiroir qui sort de l'élément extérieur en aluminium, et qui contient deux emplacements de disques durs, un de chaque côté.

Pour les disques en eux-mêmes, que l'on achète un NAS ou que l'on en bricole un avec un Pi, dans tous les cas les HDD ne sont pas fournis. Je voulais deux disques de 2 To, mais au final quitte à en acheter autant prévoir large pour l'avenir en en prenant des 4 To. J'ai pris des disques spécifiquement conçus pour NAS ou serveurs, qui ne sont actuellement pas plus chers que les disques généralistes pour PC. De plus les 2 To affichent un "prix au giga" de 9,5 ct/Go alors que les 4 To sont à 5,7 ct/Go. Et je n'aurai probablement jamais besoin de plus de capacité que ça.



On les branche directement dans le "tiroir" de la Icy Box puis on met les vis pour bien les verrouiller en place. L'insertion est facile, il n'y a pas de câble SATA à brancher devant les disques : le fait d'insérer puis de pousser le disque pour aligner les trous de vis a déjà pour effet de le brancher.



L'image ci-dessus montre le "tiroir" une fois équipé de ses deux disques durs, mais avant insertion dans la "carrosserie en aluminium".
Mais alors pourquoi deux disques ?
Les NAS utilisent les méthodes RAID qui créent une redondance. Avec deux disques, on peut mettre en place la méthode RAID1, c'est-à-dire que les disques sont identiques, l'un est le miroir de l'autre. Avec 2 × 4 To, on a toujours 4 To car les deux disques contiennent en tout temps exactement les mêmes fichiers, de façon à ce que si l'un des deux plante, on n'a pas perdu les données.
... Ce qui ne dispense pas d'effectuer des sauvegardes sur un autre disque dur, externe cette fois, à conserver hors de l'appartement car le RAID1 ne protège pas du vol ou de l'incendie.
Enfin, on insère le "tiroir" et on met encore deux vis qui verrouillent l'ensemble. C'est important car à l'intérieur du "tiroir" se trouve un sélecteur de mode, qui est en gros un levier qui gère la façon dont sont traités les disques, en gros si un enfant ouvre le "tiroir" et touche à ce levier alors l'un des disques est formaté. Mieux vaut en effet fermer ça avec des vis.
J'ai laissé le mode "SINGLE", pour que le Pi gère le RAID1 plutôt que le boîtier (comme ça le Pi gère tout et je suis sûr que si je change de boîtier un jour, les données sont écrites d'une manière qui sera toujours compatible - si jamais le RAID1 proposé par Icy Box est un formatage propriétaire, je ne sais pas).



Le résultat final. Je pense changer de protection du Pi (le truc transparent à gauche de la photo, ici déjà retiré), c'est pour ça que la carte de composants est posée nue sur l'étagère. La machine blanche à droite est mon onduleur qui permet d'absorber quelques minutes de coupure de courant.
Évidemment ça a pris un peu de "territoire" à ma collection de roches, on voit encore des étiquettes collées sur la surface, bon comme ça l'obsidienne tient l'enroulage de câble...

Passons pour finir à la configuration.
J'ai trouvé un excellent tutoriel dans l'édition n°85 du MagPi, le magazine officiel de Raspberry Pi, disponible gratuitement en PDF sur leur site[note 2].
Deux subtilités cependant, l'une des commandes Linux est écrite en deux lignes sur le magazine (sudo mdadm --detail --scan | sudo tee -a /etc/mdadm/mdadm.conf c'est évident quand on lit la commande mais quand on copie-colle depuis le magazine vers la console, on ne se rend pas compte que le presse-papier contient le retour à la ligne, ce qui a pour effet d'exécuter directement la première ligne lors du collage, il faut donc d'abord coller ailleurs que dans la console, supprimer le retour à la ligne et ensuite seulement coller dans la console), et l'autre subtilité est que sur les disques durs de strictement plus de 2 To (mon cas, du coup), la méthode de création de partition est un peu différente (en gros on ajoute à l'étape 5 de l'article du magazine le fait d'entrer d'abord 'g' avant d'entrer 'n').
Cela fait, il suffit d'ajouter la lettre de lecteur sur les deux PC (dans "Ce PC" > onglet Ordinateur > Connecter un lecteur réseau). J'ai choisi N:\ comme NAS, et en passant j'ai cherché ce qu'étaient A:\ et B:\ à l'époque car on remarque que le disque principal d'un ordinateur est C:\ - en fait A et B étaient les lecteurs de disquette, mais on peut apparemment les choisir comme lettre pour un NAS). J'ai peut-être tout juste connu les disquettes étant petit, mais je n'en ai pas moi-même utilisé.



En pistes d'amélioration il y a donc le câblage à gérer proprement, le Pi à protéger dans une boîte, le disque de backup à acheter et à peut-être faire un script qui permettrait d'automatiser l'opération (j'aimerais bien que quand je branche le bon disque, ça mette dessus les nouveaux fichiers, puis quand c'est bon ça éjecte / retire en toute sécurité, à voir) et mettre des patins amortissants sous la Icy Box pour ne pas transmettre les vibrations à l'étagère. Mais c'est intéressant comme projet.



BIBLIOGRAPHIE
PJ Evans. « Build your own NAS ». The MagPi, n° 85, p. 48–51. Téléchargement du PDF du magazine :
https://magazine.raspberrypi.com/issues/85

Server Fault. Can we use fdisk to partition a disk bigger than 2 TB without recompiling the kernel?
https://serverfault.com/questions/1131987/can-we-use-fdisk-to-partition-a-disk-bigger-than-2-tb-without-recompiling-the-ke

Korben. Test du UGREEN DXP4800 GT : le NAS 4 baies qui gère tout mon Plex, piloté par une IA.
https://korben.info/test-du-ugreen-dxp4800-gt-le-nas-4-baies-qui-gere-tout-mon-plex-pilote-par-une-ia.html

eLinux.org. R-Pi NAS.
https://elinux.org/R-Pi_NAS

Raspberry Pi. Remote access.
https://www.raspberrypi.com/documentation/computers/remote-access.html


En cas d'erreur, n'hésitez pas à contacter l'administrateur via la page de contact.
Charte IA : l'intelligence artificielle est utilisée uniquement pour la mise en page propre des bibliographies lorsque nécessaire ainsi que pour aider à la vérification de l'exactitude des explications. Aucune reformulation ou génération de contenu rédactionnel n'est réalisée par une IA : les articles sont entièrement rédigés par l'auteur. Le code php (algorithme) du blog est également rédigé par le propriétaire du site.
Date/heure : 10/09/2026 11:24